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Archives du avril 13, 2012

Qui n’a jamais entendu parler de Facebook ou de Twitter? Qui n’a jamais « aimé » un statut ou « tweeté » sa pensée? De nos jours, rares sont ceux qui n’ont pas d’amis ou d’abonnés.

Depuis les dernières années, les réseaux sociaux ont connu une progression fulgurante à travers le monde. Ces sites Internet, où les utilisateurs créent des liens et gardent contact entre eux, comptaient plus de 800 millions de membres en 2011 selon l’étude The Growth of Social Media.

Avec une progression de 110% dans les abonnements par rapport à 2010, un nouveau phénomène de dépendance se propage dans l’univers des médias sociaux. L’addiction à ces nouveaux lieux de rencontre devient monnaie courante chez plusieurs utilisateurs.

DANS LA VINGTAINE ET ACCROS

Claire est âgée de 21 ans. Depuis un an, elle habite New York où elle aimerait conquérir les scènes des prestigieux théâtres de Broadway. Il y a quelques années, elle ne voulait rien savoir de ses plateformes sociales. Elle a découvert Facebook pour communiquer avec ses proches. « J’ai beaucoup voyagé et surtout déménagé. Grâce à Facebook, j’ai pu retrouver et reprendre contact avec des amis de loin! », a-t-elle déclaré.

Sa dépendance s’est déclenchée lorsqu’elle s’est inscrite sur Twitter. « Pendant une heure ou deux par jour, je publie des morceaux de vie sur Twitter. », a-t-elle avoué. Avec l’aide des gazouillis de ses abonnements, Claire s’inspire et compose des  textes. « Mes abonnés appellent ça le clairefare! », a-t-elle confié. En moyenne, la jeune femme consacre plus de trois heures par jour aux réseaux sociaux et admet être branchée en permanence sur son téléphone intelligent.

Étienne est âgé de 20 ans. Il étudie dans le domaine des communications où il rêve un jour d’animer sa propre émission de télévision. Il ne se considère pas accro à ces sites, mais reconnaît les fréquenter plusieurs fois par jour. « Mes fenêtres Twitter et Facebook sont toujours ouvertes sur mon ordinateur! », a-t-il partagé.  Le futur animateur confesse aussi qu’il ne peut se passer de ces nouveaux médias. « Le fait qu’il y ait toujours quelque chose de nouveau à voir m’interpelle et me fascine. », a-t-il avoué.

Les deux étudiants en viennent à la même conclusion : les réseaux sociaux sont devenus indispensables dans notre société. « C’est un excellent moyen de marketing, de communication et de recherche. », a souligné Claire. « Sans hésiter, les réseaux sociaux ont une grande importance dans le domaine des communications qui carbure à l’instantané. », a relevé Étienne.

PARLONS SYMPTÔMES

La dépendance à Facebook et à Twitter entraîne plusieurs effets néfastes à long terme. Certains utilisateurs changent complètement leur rythme de vie afin de consacrer plus de temps à flâner sur ces sites.

Le manque de sommeil est le premier signe de l’addiction. « La perte de sommeil est reliée à  la perte de la notion du temps ou bien par la décision de rester connecté tard au réseau social. », a expliqué Christine Lambert, intervenante en prévention des dépendances. De plus, ce facteur engendre un manque d’intérêt face aux responsabilités de la vie quotidienne.

Le deuxième signe avant-coureur consiste à passer plus de temps que planifier sur les plateformes sociales. Madame Lambert prétend que cette simple action est à la source même de la dépendance. « C’est un symptôme commun à toutes les dépendances : passer plus de temps qu’on ne le souhaite ou que l’on aime. », a-t-elle rajouté.

Les palpitations cardiaques et les sueurs froides sont les troisièmes et derniers signaux qui confirment le trouble dépendant. Certains abonnés vont redouter le moment de la déconnexion des sites de peur de manquer les nouvelles publications.

Les cas sérieux de dépendance aux réseaux sociaux sont traités de la même façon que les addictions aux drogues dures et à l’alcool. «Pour les gens qui en souffrent, nous leur proposerons la même approche thérapeutique attribuée aux toxicomanes », a précisé Christine Lambert.

FACEBOOK, TWITTER ET LEUR AMPLEUR

Avec près de 800 millions de membres à travers le monde, Facebook occuperait le troisième rang mondial s’il était un pays. En moyenne, un utilisateur a 130 « amis » et se connecte au moins une fois par jour. En 2010, 10 208 000 commentaires étaient publiés à toutes les 20 minutes sur le réseau social original.

Côté gazouillis, Twitter a enregistré une augmentation de 26% du nombre d’abonnés entre 2010 et 2011. De plus en plus d’utilisateurs publient des messages de 140 caractères ou moins plus d’une fois par jour. Chaque mois, le fil de nouvelles totalise plus de cinq milliards de tweets.

Madame Lambert croit en l’utilité de ces lieux d’échanges virtuels. Elle est d’avis que ces alternatives permettent de conserver le contact humain malgré la distance physique. Cependant, elle conseille à ses patients ainsi qu’à ses proches de s’y prendre autrement pour communiquer si le contexte le permet. « Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour signaler un événement sur votre profil : « Retrouvailles Facebook, cet été! » Une occasion de rêve pour lui demander de vive voix, comment vas-tu ma belle amie? », a-t-elle conclu en s’esclaffant .

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